ThierryG a écrit:Vraiment quand on y réfléchi, ce tour 62, à cette vitesse c'est hallucinant !
Parce que :
- ce tour faisait 4200 kms (environ 3500 de nos jours)
- les étapes faisaient en majorité plus de 200kms, et même une faisait 270 bornes.
- ils n'étaient que 150 coureurs
- la chaussée, était surement légèrement moins performante qu'aujourd'hui
- des vélo à 10kgs
- aucun jour de repos
Ce tour 62 hallucinant, je trouve aussi... comme tous les tours !!!
Chaussée moins performante, vélos à 10 kgs... j'essaie de traduire : les coureurs de cette époque étaient surhumains ou les toubibs d'aujourd'hui devraient être renvoyés pour incompétence ?
Des études ont-elles déjà été faites sérieusement pour estimer la part de performance qui revient au dopage ?
Mon propos n'est pas ici d'interroger sur la légitimité du dopage mais sur son efficacité. En clair, quelle serait la moyenne du tour s'il n'y avait absolument aucun dopage ?
Question utopique, je sais..... Je resterai frustré à jamais de ne pas savoir

Pour simplifier et comparer 1962 et nos jours, on prend un VTT léger, on met des pneus slick dessus, et on a grosso modo le rendement d'un vélo de route de 1962. Là, on compare et on regarde s'il est plus facile de rouler à 37kmh avec le VTT ou à 41 avec route. Au final, c'est pratiquement pareil, même si de mon point de vue ça serait légèrement plus simple de rouler à 37kmh avec un vieux vélo qu'avec un vélo moderne à 41kmh. La résistance à l'air est en effet la même en 1962 que de nos jours et est appliquée sur le coureur. A 37kmh sur une tenue vintage, le rendement aéro est certes mauvais, mais un gars posé comme Jacques Anquetil glissait presque sur l'air
Et sinon, pour évaluer la part du dopage, ça va être compliqué, je pense que ceux qui ont essayé disposent de leurs propres chiffres, qui deviennent plus ou moins inutiles vu qu'il devient difficile d'utiliser certains produits.
La question que je me pose, sur l'EPO, c'est de savoir si l'hématocrite est proportionnelle à la puissance. En faisant naturellement des globules en montagne, sur 5 minutes je développe 420W à 42% d'hémato, puis le stage me fait passer à 440W à 44% d'hémato. Reste à savoir si je lisse l'hémato à l'EPO à 49,9%, est-ce que je vais faire 499W ? Je pense que vu que l'hématocrite sert à transporter l'o2 dans le sang, elle est à relier directement, voire proportionnellement à la puissance Vo2Max, mais j'aimerais avoir l'avis d'un expert.
Les produits utilisés en 1962 étaient, d'après les bouquins, des produits pour tenir 3 semaines ou tenir une échappée, un CLM, pas pour changer de cylindrée.
Le cyclisme en 2017 a changé, et la mode est aux "marginal gains" plus qu'aux produits miracles. En 1998, c'était devenu tellement n'importe quoi que les bon coureurs du forum pouvaient tenir 3s dans la roue d'un Pantani montant l'Alpe d'Huez. En 2017, les bons coureurs du forum pourraient tenir quelques minutes dans la roue d'un groupe maillot jaune dans un col HC, ce qui veut simplement dire que le talent et l'entraînement du coureur de 2017 compte pour 95% de la performance, alors qu'en 98, certains docteurs disaient qu'ils pouvaient faire gagner des ânes face à des pure sangs...
Si le tour de France 2017 se courait à l'eau à 100%, je ne pense pas qu'on descendrait à 35 ni même 37kmh de 1962. Non, les gars sont très bien préparés et on ne serait de toute façon pas loin des 38-40kmh. Il faut voir qu'ils font 45kmh de moyenne sur les étapes plates avec seulement 200W de moyenne, c'est à dire une puissance de 3ème caté qui, à ce niveau ne fatigue pas réellement, voire sert de récupération. Les problèmes surviennent quand ils vont monter 4 cols à 360W de moyenne... Et sinon depuis 2-3 ans sur les GT on voit les leaders se neutraliser en montagne, incapables de faire la moindre différence car ils sont cramés.
Assurément, dans les années 2010, on est passé d'un dopage médical illégal à un dopage mécanique parfois légal, parfois illégal.