BTR 2017

Pour parler des randos, courses et autres événements. Partage d'agendas, covoiturage, résumés.....

BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 19:53

La BTR, c’est une épreuve un poil « underground » à ses débuts qui est en passe de devenir un grand classique du genre, grâce il faut l’avouer à l’effet de mode du bikepacking. En cette année 2017, Luc Royer nous envoie traverser les Alpes. Au programme : l’Allemagne et le mont Blauen, la Suisse et ses cols à plus de 2000m et l’Italie avec le Mottarone. Le retour en France s’effectuera par le col de Montgenèvre. Le Ventoux et le mont Aigoual complèteront ces réjouissances.
Bon, autant l’avouer de suite, la TCR étant dans mes pensées depuis ma sélection, j’ai complètement occulté la BTR.
Ce n’est grosso modo que dix jours avant que je commence à fignoler mon parcours, étant alerté via les réseaux sociaux de quelques difficultés de passage en Suisse à cause de travaux.
Il y a donc, je refais un topo vite fait pour ceux du fond qui n’ont pas suivi, trois options possibles (j’écarte volontairement l’option gravel) : le passage classique Grimsel-Simplon, le plus facile par le Gothard et enfin via San Bernardino, plus long mais plus facile aussi car un seul col à franchir.
Le passage par le Gothard est le plus rationnel : un seul col à passer et plus court. Seulement voilà, des travaux sont en cours sur ce tronçon et le passage des vélos est interdit. Apparemment il faut marcher pendant 4 kilomètres sur un sentier pédestre.
J’écarte donc volontairement cette trace qui me semble trop aléatoire pour ne laisser place qu’aux deux autres.
Là encore, pas trop d’hésitation : je préfère passer un col supplémentaire que de rallonger par 50 kms de plat ! Après tout, si je suis en Suisse, c’est pour en profiter.
Donc se sera Grimsel et Simplon.
Quelques jours avant l’épreuve, je reçois le matériel de bivouac commandé : sac de couchage, bivy, matelas. Je change également disques et plaquettes (reçus la veille !) sans avoir trop le temps de régler les freins. Les roues ne tournent quasiment pas à cause des frottements…. Au moins ça simule les pertes d’énergies dues au moyeu dynamo ! Restons positifs.
Finalement, seule manque à l’appel une nouvelle paire de roues avec un moyeu dynamo pour être autonome en électricité. François a reçu le moyeu mais pas les jantes.
Tant pis, je garderai un éclairage classique sur batterie. J’en prendrai deux pour passer les trois nuits. Je double mon éclairage arrière, on ne sait jamais.
En plus du matériel de bivouac donc, j’embarque quelques barres, un chargeur nomade pour le second GPS, deux chambres à air, deux trois fringues de vélo et c’est tout. Hors eau je suis à 12,7 kgs, ce qui est plutôt pas mal.
Au niveau des pneus, mes Gravelking étant vraiment trop usés, je monte une paire de Vittoria premier prix qui traîne dans le garage.
Le vélo est enfin prêt la veille du départ.
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Lever donc à 06h30, petit déjeuner classique puis départ pour la gare afin de monter dans le TER de 07h45 qui me mènera jusqu’à Montpellier pour ensuite prendre un TGV pour Strasbourg et enfin un autre TER pour Obernai. Une vingtaine de kilomètres en vélo suivront pour rallier le point de départ, à savoir le mont Sainte Odile, malheureusement connu pour le crash aérien ayant eu lieu 25 ans plus tôt.
Bon, ça c’est la théorie ! Mais c’est sans compter sur la SNCF et son amateurisme dans la gestion des aléas (je reste soft en rapport à mon devoir de réserve).
Je monte donc dans mon TER tout content de partir pour un beau week-end de vélo. C’est là que ça commence. Découverte d’un corps près de la voie vers Agde. Voie 1 et voie 2 coupées, rétention des trains jusqu’à nouvel avis. Bon, je sais d’ores et déjà que je n’aurais pas le TGV à Montpellier (une demi heure de correspondance). D’expérience, s’il y a intervention du parquet, de la police ou de la gendarmerie, ça prend deux ou trois heures.
Etonnamment le train démarre avec moins de dix minutes de retard. Le contrôleur nous annonce quand même que nous seront retenus à Narbonne jusqu’au déblocage de la situation.
J’appelle Adeline, un poil énervé et surtout dépité, en ayant juste envie de faire demi-tour et de rentrer. Bon, je me fais engueuler au passage et elle me donne les horaires d’un plan B, c'est-à-dire prendre un TGV pour Paris puis un autre pour Strasbourg. Dans le meilleur des cas j’arrive une heure plus tard que prévu, et dans le pire, tout le monde sera parti quand je me pointerai au mont Sainte Odile.
Donc, à Narbonne, ils font partir devant nous un autre TER (sachant pertinemment qu’on était quelques uns à monter dans le TGV pour Strasbourg par la suite) et un TGV.
Ce manque de coordination énerve, à jute titre, les passagers, tandis que le contrôleur le conducteur et moi ne sommes pas surpris de la situation. C’est triste, mais c’est comme ça.
Arrivé à Montpellier, je saute in extremis dans le TGV pour Paris avec mon vélo non démonté.
Allez, encore un aparté sur la SNCF et après j’arrête, promis ! Il faut savoir, pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir à subir les affres du transport ferroviaire, que prendre un TGV avec un vélo non démonté est considéré comme un acte de malveillance de la plus haute gravité ! Autant circuler sans billet ni papiers devient courant et dans la plupart des situations non répréhensible, autant monter un vélo dans un TGV demeure une violation suprême passible d’être débarqué du train. Sans commentaires…

Je démonte les roues et case le vélo derrière les sièges, en ayant eu au préalable droit au laïus du contrôleur sur le danger que représente le fait de mettre un vélo dans le train (!!!).
Arrivé gare de Lyon, il faut que j’aille jusqu’à la gare de l’Est pour rejoindre ensuite Strasbourg.
Branchement du GPS, il y a jusque 5 kilomètres entre les deux gares, et c’est parti pour un dépucelage du vélo dans Paris. Autant vous dire que je n’ai pas été déçu ! Mes pensées ont été de suite tournées vers les coursiers (Christopher, Frédéric qui en est heureusement parti) qui subissent ça toute l’année. Entre les taxis, les automobiles, les scooters et les motos, je m’insère dans le flux de circulation de cette jungle urbaine bruyante trop rapide et trop éloignée de mes aspirations.
Gare de l’Est, deux trois cyclistes avec leur panoplie de bikepacking sont déjà présents et attendent d’embarquer pour l’Alsace. Je retrouve entre autre Laurent, un copain virtuel du forum Mélivélo.
Le trajet jusqu’à la capitale alsacienne s’effectuera sans encombres (il y a un compartiment vélo dans le TGV !). Changement de train pour Obernai, avec au passage aussi changement de météo puisqu’il pleut…
Notre groupe se sépare puisque j’attend un participant ( qui s’est avéré être le patron de Zéfal !) qui est allé acheter un coupe vent, le sien s’étant fait la malle en arrivant à la gare !
Du coup on rejoint tranquillement le mont Sainte Odile en ayant bien sûr essuyé une belle averse sur le trajet .
Je retrouve là haut Luc et son équipe, quelques têtes connues (Thierry et son fidèle pignon fixe, Christopher, Frédéric, …).
Photo individuelle puis direction la salle du restaurant où je rejoins tout les copains du team Cyclosportissimo. L’ambiance est détendue mais en discutant avec les uns et les autres, je m’aperçois qu’ils ont quand même bien préparé le truc : certains ont des fiches plastifiées, d’autres semblent maîtriser les subtilités du parcours à la perfection. J’ai un peu l’impression d’arriver les mains dans les poches !
Au menu : crudités, frites (!!!), poulet et glace. Bien approprié pour partir faire 1200 bornes en vélo !
Je croise également Thierry, cycliste extra avec qui j’avais bien discuté lors de la BTR de l’an dernier, et Sylvain que je félicite au passage pour son blog sur la TCR.
Pas le temps de souffler, que Luc nous donne les dernières consignes de prudence (c’est hécatombe chez les cyclistes en ce moment) et donne le départ.
Branchement de ma batterie et là, c’est le drame : la lampe ne s’allume pas. Exactement la même blague que lors du Paris Brest Paris. Je branche donc celle de secours en espérant qu’elle tienne tout le long du parcours.

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 19:56

Le départ s’effectuant en haut du mont Sainte Odile, c’est une descente qui nous tend les bras vers cette grande aventure cycliste. Je m’extirpe vite fait du peloton pour partir devant : pas trop envie d’attaquer une descente de nuit dans un paquet de 100 personnes, c’est un coup à se mettre par terre (surtout avec ma poisse du moment).
Nous sommes trois puis quelques kilomètres plus loin je me retrouve seul. J’espère ne pas faire le remake de l’an dernier, à savoir faire une BTR en solitaire du début à la fin !
Je temporise en espérant que ça revienne mais non, personne. Je double un peu plus loin deux participants et continue tranquillement ma route.
Les villages passent, les longues lignes droites aussi. Avec la fatigue, elles paraissent interminables… Il y a un peu de circulation, ce qui me permet de ne pas me sentir trop isolé.
Un panneau de travaux attire mon attention : route barrée à 3500m. Ca commence ! Je continue quand même sur ma lancée, au pire je passerai à pied. Effectivement, le passage en voiture est un peu compliqué (en fait pas du tout possible !). Je descends du vélo pour effectuer une centaine de mètres à pieds puis repart, content d’avoir franchi sans difficulté ce passage imprévu.
Les longues lignes droites continuer à s’enchaîner quand tout d’un coup je sens le vélo s’enfoncer dans du gravier ! Merde, qu’est ce qui se passe ? Je me rend compte à ce moment là que j’étais en train de somnoler et qu’une zone de travaux débutait devant moi avec un ruban gravillonnée sur quelques centaines de mètres.
Sorti de cette partie de gravel, je reprend le goudron « normal » avec une sensation étrange de flou au niveau de l’avant : crevaison !
Je décide de rouler ainsi jusqu’à trouver un endroit éclairé pour réparer tranquillement. Pas trop envie de m’arrêter en pleine nuit devant la centrale de Fessenheim. C’est un coup à voir débarquer les forces de l’ordre ! Heureusement que c’est une crevaison lente, car ce n’est qu’au bout de quelques kilomètres que je rentre dans une zone habitée.
Bien sûr, le matériel est au fin fond du sac et je dois tout vider pour y accéder ! Je bataille un peu pour sortir le pneu, change la chambre, regonfle, remonte la roue et range tout.
Entre temps, deux concurrents passent, puis deux autres, qui eux s’arrêteront pour me demander si tout va bien. Dans l’obscurité je ne vois pas grand-chose mais je dois le connaître puisqu’il m’appelle par mon prénom.
Au moment de repartir, je m’aperçois que j’ai mal remonté le pneu…. Allez, c’est reparti pour tout recommencer, en espérant que ce soit le dernier acte de la poisse qui me suit depuis hier.
Je repars le couteau entre les dents pour revenir sur les quatre qui sont devant.
Je remarque le passage en Allemagne grâce aux panneaux de signalisation. Ce n’est pas le nom des villages qui va m’aider. De part en d’autre de la frontière, ils n’aiment pas trop les voyelles dans le coin !
Déjà quasi cent kilomètres au compteur et j’attaque la montée du mont Blauen. Je double au pied de la bosse Dominique et Patrick du team et monte à mon rythme.
Cette bosse ne présente pas de difficulté particulière et j’arrive en haut assez facilement, accueilli par l’organisation et surtout Pascal, spécialement venu nous encourager et nous apporter un ravitaillement de roi : eau, Coca, gâteau maison, Kit Kat…. Il est u peu plus de deux heures du matin et arrivent quelques minutes après moi Thomas, l’immense Bruno Lebras (qui a fait rêver toute une génération de VTTistes dans les années 90), Etienne (un jeune qui envoie bien) et Patrick.

Quelques photos plus tard, je repars seul, n’étant pas adepte des arrêts prolongés sur de telles distances.
Une descente rapide me mène vers le sud, direction la Suisse. Un concurrent me rattrape, apparemment il a pris un autre chemin en descente, subtilité du parcours que je n’ai pas remarqué.
On roule quelques kilomètres ensemble avant que je m’arrête pour resserrer la sacoche : mon feu arrière n’est plus visible. En fait, la sacoche est bien serrée mais c’est vrai qu’elle gène un peu l’éclairage. J’allume le deuxième pour être tranquille.
Je repars donc dans cette zone urbaine et au moment où mon GPS m’indique de tourner à droite, paf ! Route barrée ! Petit jardinage dans un lotissement, piste en terre, demi tour, tentative de passage via un talus puis sur une piste cyclable : ça y est, je suis sur la bonne voie ! Sauf que là c’est une sorte de péage qui se présente à moi avec un gros panneau signalant la présence d’une autoroute…. Petit coup de panique vite remplacé par un soulagement : c’est en fait le point frontière entre l’Allemagne et la Suisse ! Et il est fermé la nuit.
Je retrouve mon binôme perdu quelques kilomètres plus tôt, et qui a eu la même mésaventure que moi.
On roule sur un bon rythme jusqu’à son arrêt pour cause d’éclairage arrière défectueux. C’est là que nous rejoignent Thomas, Etienne et Bruno.
Nous repartons donc à quatre continuer cette belle aventure.
Si on m’avait dit 25 ans plus tôt que je roulerai avec Bruno Lebras, je ne l’aurais pas cru !
Les routes vallonnées s’enchaînent, le revêtement est sans surprise très bon et mes comparses roulent très bien. Je peine parfois à garder leur rythme, mais je serre les dents. Le manque de sommeil commence à se faire ressentir.
Un arrêt dans une boulangerie me permet de souffler, et surtout de dormir cinq minutes, allongé sur un banc comme un clochard, pendant que mes compagnons de route prennent un petit déjeuner. A noter que Thomas est en train de s’enfiler une Forêt Noire ! Il m’épate, il m’épate, il m’épate….

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Mine de rien, ces cinq minutes vont me faire énormément de bien.
Nous traversons quelques jolis villages, passons le long d’un lac magnifique puis une divergence de parcours scinde le groupe en deux : Thomas et moi d’un côté et Etienne et Bruno de l’autre.

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 20:03

Nous sommes maintenant à deux cols du Grimsel. La route devient plus étroite, la circulation plus dense et pénible, et ces deux cols « non répertoriés » on va dire, présentent quelques rampes assez soutenues.

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Nous décidons de nous arrêter dans un petit supermarché afin de manger un peu avant d’attaquer le premier des deux cols du jour.
La vie est chère en Suisse, c’est peu de le dire ! On a acheté deux trois bricoles et on en a eu pour plus de 30€ ! Vivement l’Italie !
Au moment de repartir, nous voyons arriver Bruno et Etienne. Leur option leur a valu quelques kilomètres de plus et surtout quelques passages à 12% ! Je trouve d’ailleurs Bruno assez marqué.
Nous reprenons notre route avec Thomas, à l’assaut de ce géant Suisse qu’est le Grimselpass.
La montée d’effectue en deux fois, c'est-à-dire qu’on prend quelques centaines de mètres que l’on reperd aussitôt pour reprendre plus loin la montée principale. D’entrée, le ton est donné avec un panneau indiquant le sommet à 30 kilomètres !
Il commence à faire chaud et nous montons sans trop forcer, il reste encore pas mal de chemin !

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La montée est franchement plaisante en elle-même. C’est plutôt le reste qui est moins drôle : les motos et les voitures. Je pense que le sport national en Suisse est de faire le plus de bruit possible avec son moteur ! J’ai l’impression qu’ils sont quasiment tous en échappement libre.
Beaucoup de motos nous frôlent, peut être pour nous faire comprendre que nous sommes sur leur trajectoire. Nous évitons quelques tunnels par endroits en passant par l’ancienne route, ce qui nous offre de beaux points de vue.

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Il faut l’avouer, on en a un peu bavé dans celui là. Non pas que les pentes soient rudes, mais c’est la longueur interminable de ce col qui le rend difficile. L’arrivée en haut n’en a que plus de saveur, surtout avec cette météo parfaite !

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Une pause repas tiré du sac et nous repartons vers une splendide descente qui nous offre un panorama à couper le souffle.

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 20:09

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La transition vers le deuxième col, le Simplonpass, se présente sous la forme d’une route qui descend au milieu de cette large vallée. Quelques coups de cul pimentent un peu la chose mais le vent étant favorable, les kilomètres défilent rapidement. A ma demande, on se pose cinq-dix minutes dans un champ pour une micro sieste qui va me faire du bien. J’ai l’impression de ralentir Thomas, lui ne montre pas le besoin de tant s’arrêter. Je pense aussi que je n’ai pas parfaitement récupéré de la Pirinexus une semaine plus tôt.

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La chaleur est de plus en plus présente lorsque nous arrivons à Brigue au pied du Simplon.
Ces petites villes suisses ont décidément beaucoup de charme, celle-ci ne dérogeant pas à la règle.
D’entrée dans les ruelles le ton est donné : ça monte rude ! La première partie de ce col est franchement très pentue. La chaleur cumulée à la fatigue commence à faire souffrir nos organismes : nous prenons d’assaut le moindre point d’eau pour nous asperger !
La beauté des paysages nous fait oublier la souffrance due aux températures et c’est avec soulagement que nous parvenons en haut.

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Quelques photos et c’est reparti pour rallier l’Italie en bas de la descente. De belles falaises abruptes rythment celle-ci, et c’est rapidement que l’on rejoint le poste frontière (ouvert, cette fois !).
Passer de la Suisse à l’Italie, c’est un peu comme passer de l’Espagne à la France : les beaux rubans goudronnés laissent place à un revêtement des années 30 jamais entretenu !
Dormodossola nous accueille en bas de cette descente et marque le début de la transition vers le lac Majeur, pied du CP2, le Mottarone.
Il est alors aux alentours de 18h00-18h30 et je me pose la question de savoir où nous allons pouvoir manger (c’est une infirmité ce besoin incessant de nourriture lors des ultras !). Cela ne semble pas inquiéter Thomas qui roule encore bon train, et que je peine à suivre. Si j’avais été seul, je me serais bien arrêté boire un demi en terrasse !
Vers 19h30, après encore quelques ennuyeuses lignes droites, nous arrivons à Mergozzo, au bord du lac du même nom, à quelques encablures du lac Majeur.
Heureusement pour moi, les boulangeries sont fermées, ce qui nous oblige à nous attabler pour manger. Je sens Thomas un peu réticent à cette idée mais j’insiste, j’ai besoin de m’assoir et de me poser un peu. L’endroit est superbe, une petite place le long de laquelle se trouvent des restaurants jouxte le lac et son calme apaisant.
Une pizza chacun, une bière pour moi et un jus d’orange (limite buvable) pour Thomas. Qu’est ce qu’on est bien là !

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 20:11

Bon, ce n’est pas tout mais il faut continuer ! Direction le CP2 en haut du Mottarone. Nous longeons tout d’abord le petit lac puis le lac Majeur et nos attaquons la montée par la station balnéaire de Baveno. La nuit commence à tomber et la vue est sublime depuis les hauteurs du lac. Je prends deux trois photos et laisse filer Thomas qui m’impressionne par le rythme qu’il arrive à tenir.

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Cette montée, je pense, calmera pas mal de monde : à certains endroits la pente est si rude que si je tends le bras, je touche le bitume !
Au bout de quelques kilomètres j’aperçois une lumière rouge devant qui zigzague : c’est Thomas !
Je le rattrape et continue ma route vers le sommet.
Jacques vient d’arriver, ainsi qu’un autre concurrent qui dort déjà depuis une heure ! En fait ils ont pris l’option Gothard ce qui leur a fait gagner pas mal de temps.
Thomas arrive et nous repartons dans la foulée direction Turin.
Je commence à accuser le coup dans la descente et décide de m’arrêter dormir un peu. Thomas ne semble pas être fatigué, il m’impressionne vraiment !
Je m’installe sur un carré d’herbe, déploie mon attirail et me couche directement dans le bivy.
Deux chiens commencent à aboyer, impossible de trouver le sommeil. Je me lève, range tout et repars au moment où deux concurrents anglophones arrivent. Ils décident de s’arrêter dormir.
Je continue donc ma descente sous une température agréable et m’éloigne des bords du lac pour attaquer une partie qui n’a pas l’air géniale sur le papier : de la plaine jusqu’à Turin. Autant la parcourir de nuit.
Au bout d’un moment le sommeil se fait de plus en plus présent et je décide de m’arrêter somnoler un peu dans l’herbe d’un rond point.
Dans mon demi sommeil je vois passer un vélo et décide de repartir en sa compagnie.
En fait c’est Jacques, qui n’ayant pas de GPS doit s’arrêter presque à chaque intersection pour sortir sa carte routière ! Un vrai guerrier ce Jacques. A 65 ans, n’ayant pas de passé cycliste (rugbyman !) et ayant des soucis de santé (épaule, genou), c’est une véritable force de la nature avec un mental d’acier. J’ai déjà eu le plaisir de rouler avec lui lors de la flèche Véloccio et son abnégation m’a très fortement marqué.
Nous reprenons à deux la route et là j’avoue que j’ai souffert. Impossible de prendre un relai, ça roule trop fort pour moi : on est entre 30 et 32 km/h et Jacques n’arrête pas de relancer. Un grand Monsieur du vélo décidément !
Je décide de m’arrêter encore et Jacques du coup aussi. Nous nous endormons sous le porche d’un snack mais encore une fois, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je vois passer un vélo et du coup décide une nouvelle fois de continuer ma route. Jacques dort profondément et je repars donc tout seul, je ne vais pas le réveiller quand même !
Je rattrape donc le cycliste qui n’est autre que Patrick en fait ! On roule quelques kilomètres ensemble puis nos traces divergent : Patrick part à gauche alors que je file tout droit.
La suite est un peu monotone : de longs bouts droits, des champs. Les traversées de village rompent un peu cette monotonie et me réveillent. Oui, en Italie, je pense qu’il doit y avoir un fétichiste du Paris Roubaix qui a emporté les appels d’offre pour l’entretien des chaussées. Tous les villages ont leurs rues du centre en pavé ! C’est certes très joli mais quand t’as sommeil et déjà 600 kms dans les pattes, tu les maudis ces satanés pavés !
Bref, j’arrive à Turin par le nord et ma trace évite soigneusement le centre ville en me faisant prendre les grands boulevards. Depuis un moment je cherche à m’arrêter pour prendre un petit déjeuner mais rien n’est ouvert. Les boulangeries sont toutes fermées et seuls des bars à vin ( !!!) offrent l’hospitalité aux voyageurs noctambules. Je me vois quand même mal prendre un verre de rouge à 06h00 du matin…
Me voilà donc à Turin, cherchant désespérément à soulager ma faim.
Au coin de deux avenues, un café est ouvert et semble offrir tout ce qu’il me faut : viennoiseries, pain, boissons chaudes….
Je commande un café long, deux pains au chocolat et m’attable en terrasse.
Alors pour quelqu’un comme moi qui bois rarement du café, là j’ai été servi ! Et encore, elle me l’a coupé avec de l’eau ! Le truc il te réveille un mort en deux temps trois mouvements !
Je recommande un autre café (un expresso cette fois) et deux autres viennoiseries.
Je repars remonté à bloc, comme si ce breuvage avait effacé les quelques centaines de kilomètres déjà parcourus !
Petit jardinage qui se termine par une voie rapide interdite aux vélos. Bon, on est en Italie, à Turin, il faut bien que je me plie aux coutumes locales. Oui, ici le code de la route est à titre indicatif en fait, pour le reste, il y a le klaxon !
D’ailleurs c’est marrant car en Suisse on s’est trompé de route à un moment en empruntant une voie interdite aux deux roues non motorisés. L’affaire n’a pas duré dix minutes avant qu’on se fasse arrêter par des agents de l’équipement qui nous ont remis (avec le sourire) sur le droit chemin.
En Italie non, ça ne choque personne ! A ce propos j’ai trouvé les automobilistes Suisses moins précautionneux que les Italiens envers les vélos, alors que je m’attendais au contraire.
Me voilà donc sorti de la ville pour attaquer 50 kilomètres de plat jusqu’à Suza, charmant village situé au pied du col de Montgenèvre. Je l’avais déjà fait en voiture ce tronçon et je l’avais trouvé interminable et sans fin : de longs bouts droits rectilignes. En vélo, ça allait être pire. Du coup j’ai tracé un itinéraire parallèle plus sympathique.

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 20:16

Le café me booste et je crois que j’ai parcouru ces 50 kms à plus de 30 de moyenne, me permettant même de doubler des cyclistes effectuant leur parcours dominical.
Bon, l’effet pervers c’est que ce double expresso me brûle l’estomac !
J’attaque la montée et ses deux trois jolis lacets qui dominent la ville et déjà la chaleur se fait sentir. Arrêt dans un village pour ma rafraîchir et je continue cette montée. Je ne m’en rappelais plus trop et je n’ai pas été déçu. Je pensais en fait qu’il n’y avait que 20 kms de bosse. Perdu ! Il y en a le double ! Bon, ça ne monte pas tout le temps, mais c’est long…

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Le paysage est beau et diversifié, gâché cependant par une circulation motarde intense et dangereuse. Les gars doivent connaître la route sur le bout des doigts et s’en donnent à cœur joie dans les virages. Ca et là quelques bouquets le long de la route témoignent des limites de certains champions du monde de leur rue.
Montgenèvre, une personne de l’organisation m’accueille en bordure de rond point. Il est 12h00 et le pauvre est là à poireauter depuis 09h30 sous le soleil…. Pointage, photo, recommandations de prudence (ils annoncent quasi 40°c au pied du Ventoux !).

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Je décide de continuer jusqu’à Briançon où je m’arrêterai manger. Je pensais que Thomas serait devant mais apparemment je suis le premier à pointer.
La descente vers Briançon est rapide et c’est sous une canicule que je pose mon vélo et rentre manger à l’abri su soleil dans un petit snack tenu par une Anglaise.
La formule salade et boisson sera très bien. Il fait tellement chaud que je n’ai pas faim. Des crudités seront parfaites, d’autant plus qu’il est possible de composer l’assiette soi même.
Malgré la chaleur, je n’ai toujours pas sommeil et garde les yeux grands ouverts. Ils sont forts ces Italiens quand même !
La suite est moins drôle : sur le papier c’est facile puisque ça descend plus ou moins vers Embrun. La réalité est toute autre : un vent assez soutenu souffle dans la vallée et bien sûr il est de face…
Adeline m’informe que Thomas n’st pas loin derrière puisqu’il a pointé à 13h00 et que je me suis arrêté manger un bon moment.
Je continue ma route résigné contre ce vent et arrive sur Embrun. Je longe ensuite le lac de Serre Ponçon, temple du kite-foil en France, avec une folle envie de m’arrêter pour aller louer une planche et une aile et me faire une heure de navigation dans ce coin paradisiaque. Quelques photos n’étancheront pas ma soif de naviguer mais bon, chaque chose en son temps.

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Je quitte les abords du lac pour continuer ma descente vers le sud. Il y a moins d’air et la chaleur s’intensifie. J’en ai un peu marre et je rêve de manger une poire !
Un stand de fruits sur le bord de la route me tend les bras quelques kilomètres plus loin et j’engouffre avec un plaisir non dissimulé quatre abricots (ils n’avaient que ça).
Vers 17h00 je m’arrête une nouvelle fois dans un village et sa boulangerie. Je n’ai pas faim mais n’ayant quasiment rien mangé de la journée (à part ma salade composée), je prend une part de flanc et un jus de pomme frais. J’évite le Coca, avec la caféine que je me suis envoyé ce matin, je ne vais pas dormir pendant une semaine !
Je roule encore une heure et demie pour convenir d’un nouvel arrêt pour acheter à manger. C’est dimanche soir et tout sera fermé si je continue ma route.
Je commande donc une pizza que je mangerai plus tard.
Et qui je vois arriver ? Thomas ! Il me confirme que c’est le dernier village où l’on pourra se restaurer.
Nous repartons donc ensemble vers Sault, à une soixantaine de kilomètres de là.
Passage de deux petits cols, vue sur le Ventoux qui nous offre de belles lumières avec le soleil couchant. On arrive à Sault, terme de l’effet de la caféine sur mon organisme : j’ai sommeil ! Passage en mode clochard allongé sur un banc pour 5 minutes de répit.

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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Mer 14 Juin 2017 20:21

Le départ vers le Chauve est douloureux : il fait nuit, je suis gelé, fatigué et mes genoux ne répondent plus. Les premiers kilomètres de la montée se font dans la douleur. Thomas semble en bien meilleure forme que moi. Heureusement que la pente n’est pas très rude !
Au fil des kilomètres j’arrive à me réchauffer et mes genoux ne me font plus souffrir. Par contre, les hallucinations commencent à apparaître à cause du manque de sommeil. Mine de rien, on attaque la troisième nuit sans dormir. Aucun de nous deux n’était allé jusque là.
Arrivés au chalet Reynart péniblement, c’est là que les choses sérieuses commencent (ceux qui connaissent le Ventoux comprendront) : c’est la partie la plus pentue.
Le fait de devoir forcer plus nous réveille un peu mais c’est dur de rester lucide : on ne fait que zigzaguer.
Vers le sommet, je vois eux hombres marcher à côté de la route. L’espace d’un instant j’ai cru que mon esprit divaguait, mais en fait non, un beau comité d’accueil est présent !
Petit sprint au sommet par principe et on retrouve Marc et sa femme ainsi que deux personnes de l’organisation. Marc était au départ vendredi mais dans la descente du Blauen, il s’est fait rattraper par le sommeil et a tiré tout droit dans une barrière en atterrissant 10m en contrebas dans un champs ! Grosse frayeur mais plus de peur que de mal au final.
Nous les retrouvons donc ici, au sommet du Ventoux à 01h30 du matin, venus nous soutenir. C’est dans ces moments là que je suis fier d’appartenir à cette grande famille du vélo, fier de partager ces instants magiques avec des gens passionnés comme Marc, sa femme, ou encore Pascal venu sur le Blauen vendredi. Ce team Cyclosportissimo dont j’ai l’honneur de faire partie est tout bonnement extraordinaire. Dur de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à cet instant, en haut de ce mont mythique.
Ils ont même amené des gâteaux, du Coca, de l’eau…. En cinq minutes j’ai oublié toutes les heures de souffrance et j’ai compris pourquoi j’aime tant ce sport.
Bon, c’est pas tout mais comme dirait l’autre, on n’est pas né ici ! Je m’habille chaudement avant d’attaquer la descente avec Thomas. On a en fait choisi de passer par le sud de Bédoin plutôt que de prendre côté Malaucène, histoire de grappiller quelques kilomètres.
Nous descendons prudemment car la nuit, de nombreuses bestioles peuvent traverser à tout moment. D’ailleurs en montant on a vu un chevreuil. Les nombreux virages aident un peu à rester concentrés en évitant de sombrer dans un sommeil fatal.
Arrivés en bas, je manque de percuter Thomas : un instant de somnolence qui aurait pu être plus grave.
On décide donc de s’arrêter dormir un peu dans un champ. Je me faufile dans mon bivy à même le sol et m’endors profondément pendant une heure. C’est le froid qui m’a réveillé.
Nous repartons un peu plus reposés pour le dernier acte de cette belle aventure.
Là ma trace diffère de celle de Thomas mais comme il connait le coin mieux que moi, je lui laisse le soin de mener la danse.
La partie jusqu’à Anduze me semble sans fin…. Je profite de deux arrêts de Thomas (crevaison et crème) pour m’endormir le long de la route. D’ailleurs, deux véhicules s’arrêteront pour voir si tout va bien : ils ont du croire que j’ai eu un accident!
Arrêt dans un boulangerie pour deux pains au chocolat accompagné d’un chocolat chaud (j’évite soigneusement le café !) puis nous repartons vers Anduze, au pied de l’ascension finale.
Il fait encore très chaud, on apprend d’ailleurs que le département est en alerte canicule. Là, ni une ni deux, comme deux gitans de Perpignan, on plonge dans la fontaine sur la place ! Que du bonheur cette eau fraîche sur les jambes !

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Deux trois fruits accompagnés d’un sandwich frais complèteront cet arrêt salvateur.
C’est reparti pour la dernière difficulté : le mont Aigoual. Il nous reste 60 kilomètres et environ 1300m de d+. Le début est plaisant puisque l’on longe une rivière. La pente n’est pas trop prononcée, tout va bien.
Chaque fontaine est l’occasion d’un arrêt pour se tremper.
Thomas a 39°c au GPS, ça commence à faire…
La route devient plus étroite, pentue et l’hombre se fait rare. On passe un petit col pour attaquer une descente qui nous mène vers une toute petite route qui remonte. Un troupeau de vaches nous stoppe, ce qui nous permet finalement de souffler un peu.
La fatigue devient de plus en plus présente, augmentée par une chaleur toujours aussi intense.

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Les huit derniers kilomètres me semblent sans fin : les virages se ressemblent tous et j’ai l’impression de ne plus avancer.
Enfin nous apercevons les deux antennes, suivies quelques centaines de mètres derrière par le bâtiment qui marque l’arrivée finale de cette épopée de 1150 kms.

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Re: BTR 2017

Messagede Pat2A » Mer 14 Juin 2017 21:09

Super compte-rendu dont je n'ai pas perdu une miette.
Ca donne vraiment envie même si physiquement c'est un sacré challenge.
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Re: BTR 2017

Messagede rickyfirst » Jeu 15 Juin 2017 09:20

j'ai tout lu (si sis ;-) ).

Bravo c''est captivant et intéressant.
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Re: BTR 2017

Messagede Tib » Jeu 15 Juin 2017 09:46

Superbe récit, bravo Polo !

Encore un truc que je n'aurai jamais ni le niveau ni les couilles de faire...
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Re: BTR 2017

Messagede teamdindon » Jeu 15 Juin 2017 10:08

Super récit ! Ça donne envie et en même temps ça fait un peu peur lorsque tu racontes les différents épisodes de somnolence.

Au niveau braquets, si j'ai bien suivi le post Projet T, tu avais 36x25 au plus petit. Ça m'épate d'être encore capable de monter le Ventoux depuis le chalet avec ce genre de braquet, le chargement et 1000 bornes non-stop dans les guiboles.
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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Jeu 15 Juin 2017 10:30

Non, en braquet j'ai 50-34 devant et 11-28 derrière, même si je n'ai passé le 28 que dans le Mottarone!
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Re: BTR 2017

Messagede Fireblade07 » Jeu 15 Juin 2017 11:15

Très beau récit et bravo pour la performance! Etre capable de pédaler autant de kms d'affiler, de dormir dans un bas côté ça me parait tellement impressionnant!
Et même pas une cassette 11-32! Bravo!
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Re: BTR 2017

Messagede lebad » Jeu 15 Juin 2017 11:30

Superbe Polo, merci d'avoir partagé !

Je me souviens de notre bout de TransV ensemble, il y a un bon paquet d'années... ça doit te paraitre presque ridicule (quoique, surtout différent) !
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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Jeu 15 Juin 2017 12:16

Oh oui je m'en souviens! Tu m'avais décroché dans le portage du pont de Cros et je ne t'ai plus jamais revu!
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Re: BTR 2017

Messagede domgreg » Jeu 15 Juin 2017 13:21

Superbe perf! bravo à tous les 2 et super CR aussi. En fait, on vit à peu près les mêmes trucs, les mêmes sensations mais en décalé et surtout à moindre vitesse!! :lol:
En voyant tes photos et en te lisant, j'ai l’impression d'avoir fait le contraire! Monter le Simplon et Montgenèvre de nuit mais plaine du Pô et Ventoux dans la fournaise! Pas de vent dans la Durance (suis passé au petit matin) et j'ai monté l'Aigoual à la fraîche Je crois que ce panneau "Mont AIgoual 8 km" aura marqué les esprits, PAtrick en parle aussi.. ;)
C'était ma première expérience sur ce type de distance, ça m' a emballé! Je suivrai avec d'autant plus d'intérêt ton avancée sur la TCR ;-)
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Re: BTR 2017

Messagede Fireblade07 » Jeu 15 Juin 2017 16:25

Polo66, qu'avais tu fait comme préparation pour cette épreuve?
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Re: BTR 2017

Messagede polo66 » Jeu 15 Juin 2017 16:55

Rien de bien spécifique.
Beaucoup de volume: vélotaf, sorties dominicales, quelques 200 et un 300.
Le flèche Véloccio (580 kms en 24h00), trois jours dans les Alpes avec des étapes entre 230 et 300 kms (16000m de d+ en tout).
Je me suis fais un 670 kms en solitaire d'une traite aussi en 30h00 (10000m de d+).
Et la semaine dernière la Pirinexus (360 kms de gravel).
Plus le temps par contre de toucher au VTT alors que c'est un complément indispensable pour moi (je suis un peu trop diesel et le VTT permet de monter dans les tours facilement).
J'en suis à presque 14000 kms depuis janvier avec 166000 m de d+.
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Re: BTR 2017

Messagede Fireblade07 » Jeu 15 Juin 2017 18:37

Ah oui, quand même :shock:
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Re: BTR 2017

Messagede lecyclonaute » Ven 16 Juin 2017 07:09

Encore une fois bravo Paul ! Avec Thomas vous avez constitué un beau duo.
Ce BTR est comme tu le dis une épreuve un peu "underground" mais elle répond bien aux attentes des "grognards" que nous sommes ! Ce genre d'aventure procure des émotions difficiles à partager car pour beaucoup de personne, il est difficile de concevoir que l'on puisse prendre du plaisir en parcourant autant de kilomètres.

Celui qui n’a jamais goûté à la pratique des longues distances comprend difficilement quel plaisir il y a à rouler des heures et des heures durant, de jour comme nuit, très souvent seul. Et pourtant, s’il savait… S’il savait combien s’engager dans une épreuve telle que ce Born To Ride 2017 libère tout autant l’esprit que le corps et procure une sensation unique de liberté. Tracer sa propre route, dormir ou pas, manger quand on le souhaite, ne dépendre de personne… Avancer fièrement vers une destination finale, un point virtuel sur une carte devenu le Saint Graal à conquérir. Il n’y a rien à gagner dans cette aventure, ou plutôt si, chacun y remporte à sa façon une victoire sur lui-même qui vaut tous les trophées et toutes les récompenses.

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Born To Ride n’est ni une course ni une randonnée. C’est avant tout une aventure intérieure et un long cheminement à la découverte de soi. Le vélo n’est finalement qu’un prétexte à cette échappée hors du temps. Born To Ride nous offre un break salutaire à une époque où l’on ne sait plus se satisfaire de peu. Il y a forcément une part d’égocentrisme dans cette attitude où l’on ne pense effectivement qu’à soi, où l’on écoute que son corps et son esprit. En même temps, par la magie des réseaux sociaux à travers lesquels chacun partage son aventure, née une sorte d’altruisme pour qui ne cède pas à la tentation d’un excès de narcissisme. Partager ses émotions pour susciter des envies et permettre à d’autres de se dire « et pourquoi pas moi ? ».

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Mais gare à l’illusion des mots car l’esprit filtre habilement les émotions si bien qu’il se dégage souvent des récits d’aventures au long cours une certaine impression de « facilité » toute relative. Il faut savoir faire preuve de sagesse et d’humilité avant de faire le grand saut vers l’inconnu. Plus que tout autre apprentissage, celui qui nous conduit vers la sagesse est un long chemin. On l’aborde avec la fougue de notre jeunesse puis avec les années, les ornières que l’on a appris à franchir sont autant de pièges en moins à éviter. Notre cheminement en devient plus serein, plus raisonné et nous autorise à aller toujours plus loin vers la quête d’un bien être que l’on aurait tort de ne pas partager avec d’autres. Rien n’est simple et rien n’est jamais gagné d’avance. Mais celui qui n’ose pas s’aventurer au delà des sentiers battus passe à côté de tant de petits bonheurs à l’instar de ceux qui ont émaillé ce Born To Ride 2017.

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Du Mont Saint Odile au Mont Aigoual, le temps s’est arrêté pendant 67 heures dont 55 passées sur le vélo. Prés de 1200 kilomètres parcourus et à peine 45 minutes de sommeil sous forme de micro-sieste de 10 minutes. Le bilan chiffré laissera sans doute beaucoup de questionnement chez celles et ceux qui ne connaissent pas l’univers de l’ultra-distance. Pour autant, il n’y a là aucun exploit sur-humain, aucune moyenne démentielle et encore moins le besoin de rechercher de la reconnaissance. Ces chiffres reflètent au contraire une parfaite connaissance de soi et une gestion optimisée de ces aptitudes physiques. Certains, plus costauds que moi sont allés plus vite, d’autres moins. Mais qu’importe, chacun savoure à sa manière la même décharge d’adrénaline que procure l’arrivée à bon port. Une décharge d’adrénaline qui s’accompagne d’une profonde émotion. Car oui je l'avoue j’ai pleuré. J’ai pleuré lorsque je suis arrivé face au panneau indiquant « Mont Aigoual 8 km ». Des larmes de bonheur en pensant à tout ce que j’ai pu vivre depuis le départ. Des larmes dont on ne connaît finalement plus trop l’origine tant d’émotions se bousculent et semblent vous libérer d’un poids invisible et vous procurent un ultime sursaut d’énergie.

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Des dizaines de visages me sont alors passés devant les yeux et presque inconsciemment, j’ai envoyé de la main un baisé vers le ciel à l’attention de tant de personnes disparues qui me sont chères. D’autres ont été mon moteur tout au long de cette folle chevauchée où je n’ai jamais eu la sensation d’être seul alors que j’ai réalisé près des 3/4 du parcours en solitaire, bien à l’abri de cette bulle dans laquelle je me réfugie en pareil cas. Bien plus qu’une aventure sportive, ce Born To Ride aura été l’un des plus beaux cadeaux que l’on pouvait m’offrir. Et je ne saurai que trop remercier Delphine, ma femme, et Coralie, ma fille, de me l’avoir offert.

La suite de mon compte rendu est sur mon blog http://www.viamontagna.com
Galerie photos de mon périple : https://plus.google.com/+PatrickGilles07/posts/SCA1Afiug2b
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Re: BTR 2017

Messagede phil34 » Lun 19 Juin 2017 08:47

superbe résumé Paul; tu m'as fait envie avec ta présentation. J’espère être avec vous bientôt ou au moins derrière vous un peu loin surement mais y être !!! phil et gogogo cyclosportissimo :D :D :D
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